2020 – janvier (3 séances) – au Cinéma Parvis Méridien de Tarbes
2 A C E G, 1 A, 1 STI2D 1 2 4, 1 STD2A, T ES 1, T STD2A, T TA, T MELEC

Par Maxime Moreau, Olivia Maumus, Carla Thomas [maj 23/03/2020]

Trois séances d’Anthropocène, l’ère humaineont été programmées au Parvis en janvier 2020 pour 13 classes du lycée Jean Dupuy. Plus de 300 élèves de tous niveaux et de toutes sections (générales, technologiques et professionnelles) ont donc découvert le dernier film documentaire des scénaristes canadiens Jennifer Baichwal et Nicholas de Pencier, associés au photographe Edward Burtynsky. Tourné pendant plus de trois ans dans une vingtaine de pays sur tous les continents, sorti en salle en novembre 2019, ce film à la fois poétique et militant montre et dénonce la domination que nous faisons subir à notre environnement et l’empreinte que nous laissons sur notre habitat. Le message est clair : notre impact est irréversible et destructeur.

La force des images

Anthropocène : l’époque humaine s’ouvre sur des centaines de défenses d’éléphant en train de brûler, une image qui m’a marqué et que nous retrouvons à la fin du documentaire.

Du Parc Naïrobi au Kenya aux usines métallurgiques de Norilsk en Sibérie, de la plus grande mine de charbon à ciel ouvert d’Allemagne aux champs de pétrole texan ou aux mines de phosphate de Floride, nous sommes entraînés dans un périple autour de la terre à travers cinq chapitres mettant en évidence la démesure et la brutalité avec laquelle nous exploitons notre biosphère afin de répondre à nos besoins matériels les plus dispensables. Ainsi sont abordés successivement l’extraction, les terrassements, les technofossiles, le changement climatique et enfin l’extinction de masse.

Des plans aériens d’une grande qualité se croisent avec des plans beaucoup plus brutaux et violents, proches de l’action – comme ceux dans la carrière de marbre de Carrare en Italie.

Les co-réalisateurs ont également choisi de montrer la vie de personnes avec leurs points de vue sur les différentes activités minières, industrielles et agricoles et sur leurs conséquences. Que ce soit des habitants travaillant dans une décharge, deux géologues effectuant des relevés dans un bassin servant à la récolte du lithium ou une équipe d’ouvriers participant à la construction d’un gigantesque tunnel, ils ne sont pas forcément tous mécontents de leur situation et surtout peu semblent réaliser l’ampleur globale des dégâts.

Un vaste sujet sur lequel s’interroger urgemment

Happé par des images à la fois fascinantes et sidérantes, confronté à la question de l’inconscience de certains humains – et aussi gêné par la structure du film qui m’a semblé désorganisée – j’ai parfois eu le sentiment d’être un peu dépassé par ce qu’il m’était donné de voir et d’entendre. Mais si le film ne fait, à mon sens, qu’effleurer un sujet scientifique et politique bien trop vaste pour être traité en une heure et demie, c’est peut-être parce que l’intention des réalisateurs est avant tout de provoquer un réveil des consciences en annonçant la sixième et peut-être dernière extinction de masse.

Ceci étant dit, en induisant une certaine frustration, le film donne, me semble-t-il, envie d’en apprendre d’avantage sur ce nouveau concept d’anthropocène. D’autant qu’il y a urgence !

La conférence de François Gemenne

Après avoir visionné ce documentaire, les classes de 1 STD2A et T STD2A ont eu l’opportunité de rencontrer François Gemenne, l’un des plus grands spécialistes mondiaux de l’environnement, le temps d’une intervention sur la question des migrations climatiques. Selon lui il faut arrêter de penser la migration comme une anomalie. De plus Gemenne souligne un problème : ranger les migrants dans des cases, tels que migrant politique ou migrant environnemental. Cela sous entend que certains motifs de migrations seraient plus valables que d’autres. Une hiérarchisation erronée se met donc en place et ne fait qu’alimenter les multiples préjugés que nous avons déjà envers les migrants qui, de surcroît, migrent souvent pour plusieurs raisons.