2019 – jeudi 09 mai 2019 à 9h30 – Cinéma Parvis Méridien de Tarbes
T S1, T S2

Par Lila Thomas [maj 04/06/2019]

Human flow, documentaire réalisé en 2018 par l’artiste chinois Ai Weiwei relève le défi de faire prendre conscience de la massification des flux migratoires mondiaux et de l’ampleur de la misère humaine. Le temps d’un film, Ai Weiwei nous touche en transmettant à l‘écran les émotions des migrants vivant dans les conditions de vie les plus précaires. Une situation commune, humaine et surtout réelle.

Plus les scènes défilent, plus ces personnes, appelées migrantes, sont nombreuses. Ai Weiwei définit le migrant comme une personne ayant l’obligation de fuir son territoire car il ne peut plus y vivre pour des raisons climatiques, économiques ou politiques, notamment à cause de la guerre. C’est au cœur de la Syrie, de l’Irak ou encore de l’Afghanistan et dans les camps de réfugiés que le réalisateur recueille et fait vivre les témoignages des migrants, si longtemps laissés dans l’ombre. Avec une empathie et une réelle douceur, il fait “poser“ les personnes qu’il rencontre : hommes, femmes, enfants – jeunes ou âgés. Sa caméra les suit, s’arrête sur un corps, un visage, un sourire – souvent perdu dans une masse de personnes. Une réelle prise de conscience s’établit alors et la misère humaine ne nous paraît plus si abstraite, si loin de nos frontières. Au-delà de l’instabilité de ces vies, nous découvrons des familles qui ne vivent de rien et qui pourtant gardent espoir en chantant et en dansant pour oublier la réalité le temps d’une soirée mais sans jamais renier leurs origines, leur culture, la terre d’où ils viennent.

Certaines scènes de ce documentaire sont tournées à Paris et à Calais nous ramenant à une réalité très proche que nous ne pouvons ignorer. Sommes-nous capables de dépasser nos peurs ? D’accueillir l’inconnu et d’ouvrir nos frontières ? A plusieurs reprises au cours de leur trajet vers l’Europe, les migrants se retrouvent bloqués derrière des barbelés, des grillages, s’élevant en véritable obstacle devant eux. De plus en plus de pays ferment leurs frontières, bafouant ainsi la liberté de circulation. Ce documentaire reprend la question la plus actuelle qui soit : ne manquons-nous pas à notre devoir en rejetant ces hommes, femmes et enfants qui avec un immense courage et une telle obstination, quittent leur pays pour non seulement recommencer une nouvelle vie mais surtout pour survivre.

La politique migratoire de certains pays européens comme l‘Allemagne qui, en 2015, a accueilli près d‘un million de personnes, permet à ces réfugiés d‘avoir un infime espoir pour leur futur et l‘avenir de leur descendance.

Ai Weiwei nous présente ainsi un film fort d’émotions, d’images et de tristesses auxquelles nous ne pouvons rester insensibles et ouvre le dialogue sur une situation plus qu’actuelle.

Barthélémy Toguo, Of blood and water II, 2019
Techniques mixtes, aquarelle, encre de Chine, peinture acrylique, 150 X 3000 cm.
Courtesy Galerie Lelong & Co and Bandjoun Station.
Production Le Parvis centre d’art contemporain.

Extrait d’une fresque réalisée par Barthélémy Toguo, exposée au Centre d‘Art du Parvis
dans le cadre de l‘exposition Of blood and water (mai à septembre 2019).
L‘artiste franco-camerounais est une des figures majeures de la scène internationale.
Son oeuvre, en prise directe avec les grands bouleversements de l‘époque,
s‘intéresse avec compassion et engagement à l‘identité, aux migrations…