2019 – mardi 09 avril 2019 à 20h30 – au Parvis de Tarbes
1 LES, 1 S2, 1 STI2D3 ITEC, 1 STD2A

Par Samuel Nguyen [maj 17/05/2019]

Début avril, près de cent élèves de seconde, première et terminale du lycée Jean Dupuy ont assisté, au Parvis, au premier volet d’une trilogie sur le thème de l’argent. La pièce de Shakespeare, imaginée au début du XVIIe siècle, adaptée par la Cie belge flamande De Roovers, traite de l’influence de l’argent sur nos vies et sur les relations humaines – notamment l’amitié.


Photo : DR

Le déroulement de la pièce

Nous sommes chez un riche athénien de l’Antiquité. Dès le début de la pièce, les protagonistes commencent brusquement et sans retenue à nous montrer leur personnalité et leur identité. Ils sont présentés comme de grands amis, pourtant ils sont tous extrêmement différents, l’un est poète, un autre peintre, un autre soldat ; on rencontre aussi une folle ne faisant que rire et profiter de ce qu’il y a à boire et à manger, un philosophe tentant d’interpeller le public quant à la situation et, au centre, le riche Timon, dépensant et offrant son argent à ceux qu’il croit être ses amis, il affirme d’ailleurs être riche en amis.

Malheureusement Timon découvre qu’il est endetté et incapable de rembourser ne serait-ce que la moitié de ses dettes. Il était jusque là resté sourd aux avertissements de son intendante. Lorsqu’il accepte d’écouter, tout est déjà trop tard !

La vengeance de Timon

Malgré les visites de l’intendante aux deux plus riches amis de Timon, c’est un refus total qui s’exprime à ses demandes de prêts. Timon les invite alors à un dernier « banquet », sachant qu’il ne possède plus rien. Sur la table, seulement deux coupes. Les insouciants, croyant que l’amitié qu’il y a entre eux et Timon est mise à l’épreuve, commencent à boire. La « boisson » est très rapidement recrachée alors qu’on se rappelle avoir vu Timon se soulager en versant dans deux coupes son dernier « cadeau » pour ses « amis ».

La finalité de l’histoire ?

Timon découvre donc la solitude, ses amis étaient factices, ceux qu’il aimait vraiment n’étaient qu’intéressés par son argent. Son plus grand défaut était-il sa prodigalité ou sa foi en l’amitié ? Il quitte la ville pour les bois, devient ermite… et misanthrope : sa haine envers l’humanité qui l’a condamné est immense ! Il finit donc entouré de sa fidèle intendante et reçoit de temps à autres la visite de brigands et voleurs – finalement plus honnêtes que ses anciens amis ! Parmi ceux-ci, le soldat, qui vient lui annoncer qu’il dirige maintenant une armée prête à mettre en cendres Athènes. Les impitoyables sénateurs sont cette fois sur le point d’être soumis. Ils tentent de venir s’excuser auprès de Timon et de le ramener à Athènes pour qu’il intercède en leur faveur et les aide à ne pas perdre tout pouvoir – sans succès. Le philosophe revient également vers lui : il apprécie désormais Timon pour le misérable qu’il est, prenant plaisir à l’insulter. Ils s’insultent alors à tour de rôle jusqu’à ce que Timon se retrouve à cours de mots, écrasé par la puissance mentale du philosophe – ce qui ne l’amène pas pour autant à changer de point de vue ! La suite se résumera à aucun changement.

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Une autre source de réflexion

Au milieu du « désordre » de la pièce, un élément surprend : on entend une voix enregistrée qui raconte l’histoire d’un homme ayant une grand-mère extrêmement douée au jeu du Monopoly et grâce à laquelle il s’entraîne jusqu’à devenir le meilleur et le plus riche du jeu. Mais lorsque le jeu prend fin, il réalise qu’il n’a pas réellement tout cet argent : toute sa richesse disparaît dans la boîte quand elle se referme ! Le spectateur quant à lui, se questionne sur le message transmis. Très souvent on peut trouver dans les mondes imaginés par des hommes une comparaison de la vie au jeu. Nous sommes beaucoup à voir notre existence de cette façon, vivre ne serait que mensonge, chaos, absurdité, coïncidence, la vie serait aussi irrationnelle que dénuée de sens. A méditer…

Sans aller aussi loin, si l’on revient à l’histoire principale, on retiendra que les vrais amis ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Pour reconnaître ceux qui ne le sont pas, ce n’est que lorsque vous aurez besoin d’amis et que ceux-ci s’évaporeront, que vous réaliserez ne jamais avoir entretenu avec eux une réelle amitié.

Timon ne s’attendait pas à voir ses plus grands amis le trahir. Et vous, êtes-vous prêt(e) à voir les vôtres sous un autre visage ?


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