2019 – mercredi 13 mars 2019 à 20h30 – au Parvis de Tarbes
T S1, T S2, T STD2A

Par Camille Duchamp et Corentin Nivelet-Etcheberry [maj 06/05/2019]

Tristesses est une pièce de théâtre et un spectacle interactif d’Anne-Cécile Vandalem. Trois classes de terminale du lycée Jean Dupuy ont assisté à la représentation du mercredi 13 mars 2019 au Parvis. Ils ont été conquis par ce spectacle entre théâtre et cinéma, alliant polar et comédie afin d’évoquer une véritable question politique.

La mise en scène

Du point de vue de la mise en scène, le décor est la première chose qui nous surprend et attire notre oeil. Des maisons sont disposées sur scène, un écran surplombe le parquet et un jeu de lumière intéressant laisse transparaître une atmosphère étrange Dès le début de la pièce, on comprend vite que cet écran divulgue ce que le spectateur ne peut voir sur scène. Nous sommes ainsi plongés dans les émotions de chacun des personnages et d’autant plus projetés dans une ambiance scandinave qui happe notre attention. Les caméramans demeurent “invisibles” et les plans, pour du « direct », sont d’une rigueur épatante.

La bande son

De plus, la musique est réalisée sur place par deux musiciens, qui sont également des personnages “fantômes” dans la pièce. Drame, action, tragédie et même bruitages, toutes les sonorités sont jouées sur place pour que l’immersion soit encore plus profonde.

L’ambiance

Malgré un aspect « comédie » et un humour noir prononcé, nous avons du mal à rire dans ce contexte de faillite sociale : en effet, nous assistons à une réelle rupture des liens qui unissent les personnages, où même un simple jeu devient lourd et pesant. En outre, les personnages font preuve d’une extrême violence entre eux. Les blagues du personnage de Petersen illustrent un isolement par rapport aux autres communautés et provoquent parfois un rire grinçant, jaune, qui dépend de ce que chacun peut supporter. Cependant, l’horreur et le malaise ressentis face aux tableaux et aux images proposées demeurent tout au long de la pièce, comme la femme pendue qui reste un bon moment sur le côté de la scène, ou encore les fantômes errant à travers le décor.

Le jeu des acteurs

Photo : Christophe Engels

Le jeu des acteurs est incroyable : les émotions sur scène sont transmises au public avec brio. L’empathie pour le mal-être et la tristesse des personnages est très forte : on peut se sentir déchiré lors de la scène où personne ne veut danser avec la mère, pleine de détresse. Nous pourrions presque avoir envie de nous lever pour danser avec elle et mettre fin à son désarroi. Nous ressentons également de la colère envers certains personnages qui arrivent à provoquer l’inconfort chez les spectateurs. Ainsi, durant tout le déroulement de la pièce, on adore détester, plaindre et aimer les personnages.

La réalité

Le lien avec la réalité est d’autant plus troublant. Dès le début de la pièce, la mention “histoire vraie” nous rend encore plus choqués face à l’histoire qui prend vie sous nos yeux. L’’arrivée de Martha donne naissance à une critique de la montée des partis de l’extrême droite, mais aussi des communautarismes et du renfermement des sociétés. Cette critique a été télescopée par la réalité, avec les attentats extrémistes de droite en Nouvelle-Zélande.

Photo : Philippe Deprez
Photo : Christophe Engels