2018 – mercredi 28 novembre 2018 à 10h – au Théatre des Nouveautés de Tarbes
1ères (Groupes LV Espagnol de Mmes Alloula et Marin)

Par Elisa Trivini [maj 18/03/2019]

En novembre dernier, le Théâtre des Nouveautés de Tarbes a accueilli la compagnie espagnole Vidriana de Huesca pour une représentation de leur spectacle Ligeros de Equipaje. Plus de quarante élèves de 1ère du lycée ont découvert l’exil vers la France de milliers d’Espagnols fuyant la dictature de Franco à partir de 1936.

Sur scène…

… deux acteurs content « la retirada », avec une indéniable justesse, sans tomber dans le pathétique – conservant même une dose d’humour, indispensable à mon sens pour aborder un sujet si prenant. A un moment, un chant immerge encore d’avantage le spectateur dans l’esprit de camaraderie mis en avant dans la pièce. Le point de vue, espagnol et républicain, reste ouvert, sans manichéisme.

Point de vue sur la mise en scène

Sur fond projeté (tantôt les barbelés des plages, tantôt le manteau neigeux ou encore les portraits des « compañeros»), l’éclairage, toujours pertinent, est centré sur l’action. Le temps du récit se différencie par un éclairage blanc du temps présent, mis en valeur par un éclairage orange. Dans ce décor, les acteurs jouent alternativement l’action racontée (à ce moment, ils peuvent avoir plusieurs rôles) et la discussion grand-père / petit-fils (où là, les rôles sont fixes). Ce fut un réel plaisir pour moi de voir évoluer ces personnages et de les capturer. Les changements de costumes et de matériels s’opèrent de façon fluide, ne perturbent pas notre suivi de l’histoire. Juste un bémol : les surtitres ont gêné certains élèves et comportaient parfois des fautes.

Cette histoire est aussi la nôtre

Cette pièce met le doigt sur un épisode important de notre histoire. Oui, cette histoire qui est française également. Une riche expérience et un grand bravo aux acteurs et réalisateurs. Un échange en fin de spectacle avec l’équipe artistique nous a fait comprendre que la morale a ses raisons que la guerre ignore.

Photos : Elisa Trivini