L’adaptation ambitieuse du Prix Goncourt de Pierre Lemaitre réussit à relever le défi avec brio, en mêlant à la fois émotion, créativité et spectaculaire.

Synospis

Deux rescapés des tranchées découvrent, après l’armistice, la misère et le chômage, ainsi que la douleur psychologique et physique laissées par la Première guerre mondiale. Péricourt et Maillard se voient contraints de vivre en marge de la société qui a repris son cours normal, et décident de fomenter une arnaque monumentale. Le stratagème va se révéler aussi périlleux que spectaculaire.

Des personnages incarnés et empreints de réalité, reflets de notre humanité

Le film est sublimé par des acteurs effectuant une réelle performance : Nahuel Pérez Biscayart est plein de poésie en dessinateur de génie au visage arraché par la guerre ; sa face est toujours recouverte de masques grandioses et l’interprétation du personnage de Péricourt qu’il nous livre est magistrale. Laurent Laffite apparaît à l’écran en tant que magnifique ordure, uniquement intéressé par l’argent et vide de toute forme d’humanité. Enfin, le réalisateur Albert Dupontel est émouvant dans l’incarnation du modeste comptable Maillard. Sa démarche et ses regards hautement travaillés permettent la création d’un personnage peu anodin et très intéressant.

Une image riche, sensible et virtuose

Si l’adaptation d’un grand livre a permis la création d’un grand film, ce n’est pas sans l’aide d’un scénario plein de créativité et de poésie piquée d’humour. C’est également grâce à cette image très aboutie visuellement que l’on réussit à rentrer totalement dans l’univers de Pierre Lemaitre et d’Albert Dupontel. Tout n’est qu’effusion de couleurs, de grotesque, de beauté, de violence parfois ; cette mise en scène flamboyante met habilement en valeur chaque facette de la personnalité de ses protagonistes.

Albert Dupontel signe ainsi un film où priment le lyrisme et l’excentricité qui lui permet de se démarquer des productions françaises habituelles.